FOUCH'ANIM

Le blog de l'animation de l'EHPAD de Foucharupt

Category: paroles de résidents

La mode autrefois

Notre groupe de résidents a souhaité parler de la mode autrefois.
« on ne s’occupait pas de la mode ! « . On lisait très peu les magazines de mode, mais plutôt « mode et travaux » ou « nous deux » dans lesquels il y avait des photos de mode et des modèles pour faire soi-même ses vêtements.

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Les filles ne portaient pas de pantalon. Odette a attendu l’âge de 50 ans pour en porter, et pas pour la « ville » mais pour aller aux mûres ! Pour faire du vélo, on portait des jupes culottes

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On ne portait pas de talons hauts, en été, c’était des nu-pieds avec des sangles qui entouraient le mollet, genre spartiates.
Nos seuls bijoux étaient ceux reçus au baptême ou à la communion : une chaîne avec une médaille, une montre, des boucles d’oreilles ou reçu de la grand-mère quand on est l’aîné.
Petite, pour aller à l’école, pèlerine, béret ou calot étaient obligatoires.

 

Noël d’autrefois

Petite séance souvenir au sujet des fêtes de fin d’année.
Noël était avant tout une fête religieuse et non une fête commerciale comme maintenant. Pas de Père Noël pour gâter les enfants !
Marie Thérèse se rappelle qu’il fallait être à jeun et attendre pour descendre à la messe de Minuit (réellement à minuit) de St Jean d’Ormont jusqu’à Ste Marguerite, 4 km quelquefois sous la neige. On jouait aux cartes en attendant l’heure de la Messe. En rentrant un petit souper, pas de cadeau, pas de gros réveillon, une orange, une petite friandise … d’abord, le Père Noël n’existait pas.

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Jacky, vingt ans plus tard, servait la messe. Il se souvient du Garde Suisse qui orientait les gens dans l’église et du chantre qui menait le chant.
Il y avait bien St Nicolas, début décembre. Il apportait un petit cadeau, une orange « on était heureux comme tout ! mais on avait peur du Père fouettard ! « .
On a commencé à fêter Noël avec nos enfants, plus tard.
« On allait couper le sapin directement dans le hagis. On accrochait des boules en verres, des cierges magiques, des bougies,  on y mettait une petite crèche (mais le petit Jésus n’était mis que le 25 décembre) »

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Pour le repas de Noël, le menu était escargots, dinde aux marrons ou chapon : « on en élevait un pour ça »., buche de Noêl : gateau biscuit roulé avec une crème au beurre.

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« des fois on travaillait  le 24 mais le patron nous laissait partir à 19 h au lieu de 21 h ». 
Le Père Noël était un membre de la famille, il déposait les cadeaux dans les chaussons et il fallait attendre le lendemain matin pour les ouvrir.
Les villes ou villages n’étaient pas illuminés comme maintenant, juste un sapin devant la mairie.
Le Nouvel An se fêtait plus avec les amis qu’avec la famille. Il fallait donner des étrennes au facteur, aux pompiers, aux employés communaux et aux associations. Les commerçants faisaient des petits cadeaux : le boucher donnait du saucisson, le pharmacien des savonnettes.
On écrivait des cartes de voeux, quelquefois  imprimées avec l’adresse, comme une carte de visite, à toute la famille, oncles tantes, aux amis…
Et puis on mangeait du pain gallu … hummmm !!!

 

Les petites et grandes choses qui ont changé ma vie

Le monde avance vite, très vite, on le constate tous les jours.
« Des petites et grandes choses ont changé nos vies », comme par exemple :
La possibilité d’avoir une voiture à la place du vélo. Pour aller au travail, pour remonter les cols, pour aller au pain, la première voiture était une événement ! Pour certains, une deudeuche ou encore une 203 voir même une traction, a apporté plus de mobilité à beaucoup, même si peu de femmes ont passé leur permis.

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La machine à laver le linge a changé la vie des femmes, même si, comme dit Paulette, « il a fallu attendre le 3° enfant pour avoir enfin les moyens de se la payer !  » .Sinon, c’était la lessive au bassin, voir à la fontaine municipale. C’était difficile mais c’était aussi un bon moment de convivialité.

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Le frigo a remplacé le garde manger qui était dans la cave.  La conservation se faisait aussi dans les bocaux et quelquefois dans l’eau du bassin pour garder la fraîcheur.  Sont ensuite arrivés l’aspirateur, les robots ménagers, le fer électrique… La cuisinière à gaz a remplacé la cuisinière a bois qu’il fallait faire fonctionner même en été pour cuisiner. Les résidentes n’ont pas utilisé le four à micro-ondes qui existe pourtant depuis longtemps (inventé dans les années 50 et commercialisé  depuis les années 80).
La télévision est arrivée dans les foyers  vers la fin des années 1960, « pour les jeux Olympiques de Grenoble de 1968 » se rappelle Monique. « J’ai réveillé les gosses pour voir les premiers pas de l’homme sur la lune » … « et il y avait de beaux feuilletons à la télé, c’est pas comme maintenant !  » et on évoque Thierry la Fronde (vous aviez reconnu le générique ?)
, Belle et Sébastien, l’homme du Picardie, plus tard, Dallas , les émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, au Théâtre ce soir…
Petite révolution aussi, anodine pour nous : les femmes portent des pantalons : « c’est quand même plus commode pour faire du vélo !… et plus chaud en mobylette ! » . « Moi, j’en ai jamais mis, sauf pour faire les foins, pour monter dans la charrette ».

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Mais il fallait mettre un chapeau pour aller à la messe ou une petite calotte en tricot.
On a profité aussi des premiers congés payés, qui n’étaient que de deux semaines : « on ne partait pas pour autant en vacances, on n’avait pas les sous! « . 
La pénicilline a sauvé Marie Thérèse de la scarlatine. On parle rapidement de la pilule contraceptive et du droit à l’avortement.
« et ça change encore plus vite maintenant ! quelquefois on se dit que c’était mieux avant, mais pas pour tout ! »

Saint Dié s’amuse

La vie de Saint Dié était ponctuée par des fêtes qui sont encore bien ancrées dans la mémoire des résidents.
Les deux grandes fêtes duraient trois semaines : la première, le premier dimanche avant le 14 juillet et la deuxième, pour la Saint Martin, le 11 novembre.
« on invitait nos familles pour aller ensemble à la fête, sur les manèges. Il y avait les cris-cris, les chevaux de bois, les stands de tir, la pêche à la ligne, la chenille qui passait dans un tunnel et la grande roue de Paris »

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« moi, je n’y allais pas, je n’avais pas la permission et puis j’avais pas les moyens »
« on était gourmands : on mangeait des pommes d’amour, du nougat, de la guimauve, des berlingots »

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Il y avait aussi les kermesses, elles duraient trois jours. Elles étaient organisées par les associations.
En septembre, la braderie déballait ses commerces.
Et puis, il y avait Saint Nicolas, mais là, c’est une autre histoire ….

Saint Dié après la guerre

Notre petit comité de résidents a voulu évoquer la vie après la guerre.
On se rappelle de Saint Dié brûlé par les Allemands, des bombes incendiaires placées dans les caves, des réfugiés dans les faubourgs. Les Allemands quittent la ville en novembre 1944 mais ont déporté tous les hommes à partir de 16 ans pour Mannheim.

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Après le départ des Allemands, il faut déblayer les gravats et reconstruire la ville. Il manque beaucoup d’hommes, on fait alors appel aux étrangers (italiens), mais après l’armistice, ce sont les prisonniers allemands qui travaillent.
Il faut s’imaginer une ville en ruine pendant deux ans, sans eau ni électricité (les lampes à pétrole « Pigeon » sont toujours présentes). Pour loger les sinistrés et les commerçants, on construit des baraques en bois, fournies par Houot un fabriquant local, entre autres.
Les commerçants sont installés le long des quais et dans l’ancien parc tandis que les habitants sont logés à la Vaxenaire et à la Vigne Heny. Les ouvriers de la reconstruction vivent eux à Saint Roch.

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Les baraques, pour certaines personnes, ont apporté un peu plus de confort que leur ancien logement. Elles avaient en effet l’eau courante, les toilettes à l’intérieur, trois chambres et un petit jardin. Les habitants sont restés plusieurs années dans les baraques, le temps de reconstruire la ville et les quartiers de Kellermann et Saint Roch.
Il a fallu également reconstruire les usines. Le système D et le marché noir ont duré longtemps après la guerre.

 

La guerre au quotidien

Les résidents ont souhaité parler de leurs souvenirs de la guerre dans leur quotidien. Ce moment de paroles a été très diffus et riches de souvenirs, tant la guerre est encore présente dans leur esprit, même si en parler ne provoque pas de chagrin : « c’était il y a longtemps maintenant « .
Les allemands avaient réquisitionné les maisons. Marie Thérèse : « ils regardaient les familles partir avec quelques affaires, les bras croisés devant la porte de la maison ». A la fin de la guerre, ils réquisitionnaient même les vêtements pour les envoyer aux civils en Allemagne.
On a évoqué la nourriture, qui était difficile à trouver, en particulier pour les gens de la ville. On se souvient de l’orge mélangé au café, au lait dilué avec de l’eau,  de la saccharine, des rutabagas, des topinambours. Les allemands réquisitionnaient les pommes de terre, et les enfants des écoles étaient obligés de les éplucher pour fournir les cantines des allemands.  Bien sûr il y avait le marché noir et les paysans en profitaient pour vendre leurs produits très chers.
On reparle des tickets de rationnement, par catégorie de population : E, J pour les jeunes, T pour les travailleurs de force …  beaucoup étaient de la catégorie J3 : les jeunes de 13 à 21 ans ainsi que les femmes enceintes. On se souvient des gâteaux vitaminés.

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Le système D et le troc étaient de rigueur : « je faisais réparer mon vélo contre une douzaine d’œufs« . Nous portions des chaussures avec des semelles de bois cloutées et le cuir était remplacé par de la peau de vache, nous mettions du cirage sur nos jambes et dessinions un trait au crayon pour imiter les bas. On récupérait tout : le coke à l’usine à gaz, les cocottes pour allumer le feu. La chasse était interdite, de toute façon, il n’y avait plus d’armes.
« je me souviens du couvre-feu à 21h, des patrouilles qui  passaient dans la ville en chantant, avec le bruit des bottes. »
On avait peur des miliciens, le plus souvent des jeunes connus avant la guerre. On essayait d’aider les maquisards, quelqu’un avait volé les tickets de rationnement pour les nourrir, les messages passaient dans les pompes à vélos. Il y avait aussi les dénonciations, c’était terrible. « mon papa était facteur, il rapportait les lettres à la maison pour voir si c’était des dénonciations et les brûlait. Il avait toujours un sac d’affaires prêt, au cas ou… un autre postier a été dénoncé, arrêté et déporte, il n’a jamais parlé… » Il était interdit d’écouter la radio, elles étaient cachées dans les caves et on écoutait les messages pour les maquisards.
Quand St Dié a brûlé, le ciel était tout rouge, on le voyait depuis St Léonard. Il a fallu évacué les maisons, elles étaient minées. « on prenait ce qu’on pouvait, avec un chariot, une brouette et on s’est sauvé à Foucharupt ».
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Les jeunes gens ont été réquisitionnés pour partir travailler en Allemagne.
A la fin de la guerre les Allemands ont piqué tous les vélos pour s’enfuir. On se souvient des Frères Simon et des 4 frères Mougeotte.
On n’oubliera jamais.

 

Quelques personnalités de Saint Dié

Le groupe de résidents formant le « comité de rédaction du blog » ont choisi cette fois-ci d’évoquer les personnages célèbres de Saint Dié, célèbres au plan national mais aussi sur le plan local.
On a bien sûr parlé de :
Jules Ferry, né le 5 avril 1832, homme politique, qui repose au cimetière de Saint Dié.
Vautrin Lud, chanoine né à Saint-Dié en 1448 et mort en 1527, maître général des mines de Lorraine mais surtout connu pour avoir fondé le Gymnase Vosgien, une école ecclésiastique, avec pour projet une nouvelle édition  de la Geographia de Ptolémée prenant en compte les récentes découvertes décrites par Amerigo Vespucci.  Il propose le nom d’Amérique pour le nouveau continent, en hommage au navigateur :« et je ne vois rien qui, raisonnablement, nous empêcherait de l’appeler terre d’Améric du nom de son génial découvreur, ou simplement América, puisqu’aussi bien l’Europe et l’Asie ont reçu des noms de femmes ». peut-on lire dans  Cosmographiae Introductio. 
Ohl des Marais : dessinateur né à St Pétersbourg et mort à Saint Dié. Il publie de beaux livres sur la ville agrémenté de ses gravures.
Yvan Goll né à Saint Dié, poète.
On a évoqué les personnages qui ont marqué Saint Dié et les résidents :
Les anciens maires : Léon Jacquerez (maire pendant la guerre) – Pierre Evrat – Jean Mansuy (maire de la reconstruction) – Gaston Colnat – Maurice Jeandon et bien sûr Christian Pierret.
Albert Ronsin, conservateur du Musée et directeur de la bibliothèque
et d’autres personnages disons, surprenants
Marie les Petites Bottines : petite bonne femme qui passait dans les villages alentours avec un landau et ramassait les peaux de lapin et les chiffons
La Générale : mariée à un général, veuve, « elle était sale, et traînait partout  et habitait à la caserne Chérin, elle buvait beaucoup ». Thérèse se souvient : « mon frère allait au boulot en mobylette, il s’arrêtait à la boulangerie chercher son pain, le temps qu’il avait le dos tournée, la générale lui a barboté son pot de camp ! » . Elle a fini sa vie à Foucharupt.
Le Docteur Clarté, docteur humaniste,.
et le café des Six Fesses, tenu par 3 femmes…

 

Autrefois, à Saint Dié, on travaillait …

Autrefois, à Saint Dié, il y avait beaucoup d’industries.
Beaucoup d’usines textiles (Marchal, Duceux…) côtoyaient des bonneteries (Lehmann, Claude et Duval, Scarderer…).

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(Usine Claude et Duval, de l’architecte Le corbusier)

« Quand ça n’allait pas dans un boulot, on quittait et on retrouvait le lendemain« . Au début, le travail se faisait en 2 équipes (« moi je prenais à 6h30 jusqu’à 15h« ).
Il y avait également une petite fabrique de pantoufles et sandalettes, la Maison Mansuy.
On trouvait aussi des imprimeries (Loos – Weick – Cuny sur les quais), des scieries (Rielle – Jacquot), la fonderie Burlin, la Miroiterie Claudel, une féculerie près du petit Robinson, une tuilerie près du collège Vautrin Lud.
L’entreprise Gantois existe depuis 1894 et était un gros employeur sur Saint Dié. Elle existe toujours, ainsi que Claude et Duval.

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(Entrée de Gantois, avec le Rhinocéros et la devise « ma corne s’y brise« ).

A Saint Dié, il y avait …

Les résidents ont souhaité évoquer la vie autrefois à Saint Dié, en particulier les boutiques et les loisirs.
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Il  y avait la ville et ses faubourgs et il y avait des arcades. La ville que vous connaissez maintenant n’a rien à voir avec celle que les résidents fréquentait avant la guerre.
Il y avait des magasins sous les arcades et dans la rue d’Alsace … une bonne pâtisserie, dommage, elle ne faisait pas salon de thé, un marchand de fruits espagnol (Arbona), « au gaspillage », un magasin de vêtements pour les coquettes, et « Jules Ferry », autre magasin de vêtements très connu, un magasin de tissu, chez « Bauer » , plusieurs magasins de chaussures (chez Louis, chez Mathis, la cordonnerie universelle…),plusieurs pharmacies (Monsieur Daulier qui disait à Marie Thérèse : tu mangeras des carottes, tu auras une belle peau…)….
Il y avait des bazars, comme celui qui portait le nom de « grand bazar », mais aussi « les galeries modernes », Unifix …
Tony Henry vendait de bien belles chose des arts de la table.

 

Pour les loisirs, il y avait …
Trois cinémas : Empire, Excelxior et Eden qui se transformait en salle de bal le dimanche après-midi. D’ailleurs, au bal du samedi soir, une fille seule ne pouvait y aller, elle était accompagnée par sa maman, ce qui ne lui plaisait pas trop d’ailleurs.
On pouvait aller danser à la Tour Malakof, un dancing, chez Madame Dantan.

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Il y avait aussi le patronage, aux salles St Martin.
Cela se passait le jeudi après-midi, les filles qu’on appelait les Âmes Vaillantes  y apprenaient le tricot, la cuisine, la couture, les garçons étaient les Cœurs Vaillants. L’abbé Febvay organisait des jeux de piste.
Le patronage passe
laissez nous la place
mais voila les petits gars
nous marchons au pas
laissez nous la route
il nous la faut toute
car d'un pas décidé
nous irons marcher.
Il y avait aussi l’harmonie municipale et l’école de musique.
Mais en fait, pour certains, il n’y avait pas trop de loisirs, il fallait travailler avec les parents, aider aux travaux de la ferme, apporter la soupe aux hommes dans les champs.
Le soir, on écoutait la radio : la famille Duraton, le jeu des milles francs, Zappy Max ou encore Geneviève Tabouis.
Voilà, c’était il y a quelques années …

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