FOUCH'ANIM

Le blog de l'animation de l'EHPAD de Foucharupt

Month: juillet 2016

La guerre au quotidien

Les résidents ont souhaité parler de leurs souvenirs de la guerre dans leur quotidien. Ce moment de paroles a été très diffus et riches de souvenirs, tant la guerre est encore présente dans leur esprit, même si en parler ne provoque pas de chagrin : « c’était il y a longtemps maintenant « .
Les allemands avaient réquisitionné les maisons. Marie Thérèse : « ils regardaient les familles partir avec quelques affaires, les bras croisés devant la porte de la maison ». A la fin de la guerre, ils réquisitionnaient même les vêtements pour les envoyer aux civils en Allemagne.
On a évoqué la nourriture, qui était difficile à trouver, en particulier pour les gens de la ville. On se souvient de l’orge mélangé au café, au lait dilué avec de l’eau,  de la saccharine, des rutabagas, des topinambours. Les allemands réquisitionnaient les pommes de terre, et les enfants des écoles étaient obligés de les éplucher pour fournir les cantines des allemands.  Bien sûr il y avait le marché noir et les paysans en profitaient pour vendre leurs produits très chers.
On reparle des tickets de rationnement, par catégorie de population : E, J pour les jeunes, T pour les travailleurs de force …  beaucoup étaient de la catégorie J3 : les jeunes de 13 à 21 ans ainsi que les femmes enceintes. On se souvient des gâteaux vitaminés.

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Le système D et le troc étaient de rigueur : « je faisais réparer mon vélo contre une douzaine d’œufs« . Nous portions des chaussures avec des semelles de bois cloutées et le cuir était remplacé par de la peau de vache, nous mettions du cirage sur nos jambes et dessinions un trait au crayon pour imiter les bas. On récupérait tout : le coke à l’usine à gaz, les cocottes pour allumer le feu. La chasse était interdite, de toute façon, il n’y avait plus d’armes.
« je me souviens du couvre-feu à 21h, des patrouilles qui  passaient dans la ville en chantant, avec le bruit des bottes. »
On avait peur des miliciens, le plus souvent des jeunes connus avant la guerre. On essayait d’aider les maquisards, quelqu’un avait volé les tickets de rationnement pour les nourrir, les messages passaient dans les pompes à vélos. Il y avait aussi les dénonciations, c’était terrible. « mon papa était facteur, il rapportait les lettres à la maison pour voir si c’était des dénonciations et les brûlait. Il avait toujours un sac d’affaires prêt, au cas ou… un autre postier a été dénoncé, arrêté et déporte, il n’a jamais parlé… » Il était interdit d’écouter la radio, elles étaient cachées dans les caves et on écoutait les messages pour les maquisards.
Quand St Dié a brûlé, le ciel était tout rouge, on le voyait depuis St Léonard. Il a fallu évacué les maisons, elles étaient minées. « on prenait ce qu’on pouvait, avec un chariot, une brouette et on s’est sauvé à Foucharupt ».
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Les jeunes gens ont été réquisitionnés pour partir travailler en Allemagne.
A la fin de la guerre les Allemands ont piqué tous les vélos pour s’enfuir. On se souvient des Frères Simon et des 4 frères Mougeotte.
On n’oubliera jamais.

 

C’est le temps des barbecues

Quatre barbecues sont organisés pour permettre à tous les résidents le souhaitant de profiter du beau temps (eh oui), des frites et saucisses préparées par les Pascal de la cuisine St Charles.
Rendez-vous le 28 juin pour les Loriots, et ensuite, le 5 juillet pour les Mésanges, les Fauvettes, le 6 pour les Alouettes avec des invités : chorale UNRPA et bénévoles des VMEH, et enfin le 7 pour les Bouvreuils, les Verdiers et les Hirondelles.
Des jeux, de la lecture à voix haute et des chants ont suivi les barbecues, avec la présence des résidents des autres secteurs le souhaitant.

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L’incroyable conjugaison du verbe coudre à Foucharupt

Le 17 juin, à 8h30, tout le monde est là.
Le « troupeaux de bestioles » arrive à Foucharupt, il y en a beaucoup. Alors pour ne pas les perde de vue, nous les installons dans un parc ouvert où tout le monde peut venir les admirer. Notre boite est la boite à souvenirs de Mr Goetz, tailleur du quartier, avec tous les objets de sa vie de labeur .la boite de Monsieur Goetz

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Les abécédaires sont installés sur les tables tout autour de la salle.

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A partir de 11h30, les résidents des établissement de Gérardmer, Fraize et Senones se joignent à nous pour un repas tiré du sac.

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La journée fut belle (malgré le temps !) ponctuée par les chants de la chorale « les Voix de Saint Dié » et ceux des résidents qui, avec Myriam et Serge ont repris les « file la laine », et autres chants appropriés.

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Quelques boités à ouvrage ont tout de même réussi à s’échapper vers les chambres de résidents pour le grand bonheur de ceux-ci . Elle s’échappe chez Marie Ange

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A 17h, ce joli petit monde de boites et d’abécédaires géants a repris sa route vers d’autres aventures.

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Quelques personnalités de Saint Dié

Le groupe de résidents formant le « comité de rédaction du blog » ont choisi cette fois-ci d’évoquer les personnages célèbres de Saint Dié, célèbres au plan national mais aussi sur le plan local.
On a bien sûr parlé de :
Jules Ferry, né le 5 avril 1832, homme politique, qui repose au cimetière de Saint Dié.
Vautrin Lud, chanoine né à Saint-Dié en 1448 et mort en 1527, maître général des mines de Lorraine mais surtout connu pour avoir fondé le Gymnase Vosgien, une école ecclésiastique, avec pour projet une nouvelle édition  de la Geographia de Ptolémée prenant en compte les récentes découvertes décrites par Amerigo Vespucci.  Il propose le nom d’Amérique pour le nouveau continent, en hommage au navigateur :« et je ne vois rien qui, raisonnablement, nous empêcherait de l’appeler terre d’Améric du nom de son génial découvreur, ou simplement América, puisqu’aussi bien l’Europe et l’Asie ont reçu des noms de femmes ». peut-on lire dans  Cosmographiae Introductio. 
Ohl des Marais : dessinateur né à St Pétersbourg et mort à Saint Dié. Il publie de beaux livres sur la ville agrémenté de ses gravures.
Yvan Goll né à Saint Dié, poète.
On a évoqué les personnages qui ont marqué Saint Dié et les résidents :
Les anciens maires : Léon Jacquerez (maire pendant la guerre) – Pierre Evrat – Jean Mansuy (maire de la reconstruction) – Gaston Colnat – Maurice Jeandon et bien sûr Christian Pierret.
Albert Ronsin, conservateur du Musée et directeur de la bibliothèque
et d’autres personnages disons, surprenants
Marie les Petites Bottines : petite bonne femme qui passait dans les villages alentours avec un landau et ramassait les peaux de lapin et les chiffons
La Générale : mariée à un général, veuve, « elle était sale, et traînait partout  et habitait à la caserne Chérin, elle buvait beaucoup ». Thérèse se souvient : « mon frère allait au boulot en mobylette, il s’arrêtait à la boulangerie chercher son pain, le temps qu’il avait le dos tournée, la générale lui a barboté son pot de camp ! » . Elle a fini sa vie à Foucharupt.
Le Docteur Clarté, docteur humaniste,.
et le café des Six Fesses, tenu par 3 femmes…

 

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